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Le cœur du vampire
Chapitre 1 : Douce nuit d’horreur
Ouvrant douloureusement les yeux, la jeune fille fut accueillie par le noir qu’aucun son ne transperçait. Esquissant un
mouvement vers son front sanglant, un tintement sinistre stoppa son mouvement. S’asseyant fébrilement contre un mur rugueux qui lui blessa le dos, elle effleura ses poignets. Des fers, épais et
solides la maintenaient prisonnière au mur par de longues chaînes de métal.
La panique monta en elle, aigue et grinçante. Son souffle s’accéléra, son cœur se mit à battre plus vite en se serrant
péniblement dans sa poitrine. Elle n’arrivait plus à réfléchir, sa raison s’embrumait. A tâtons elle parcourut le mur mais elle ne put aller bien loin à cause de ses chaînes.
Elle se recroquevilla sur elle-même, dos au mur, ses bras crispés autour de ses jambes, tremblant de tout son être. Elle ne
cria pas, elle n’y avait même pas songé. De longues minutes s’écoulèrent, ou peut-être étais-ce des heures. La peur ne la quittait pas, sa douleur au front déchirait sa peau, le sang coulait dans
ses yeux jusque dans sa bouche. Sentant le goût métallique sur ses lèvres, elle se mit à pleurer silencieusement. Epuisée, elle s’endormit sans même s’en rendre compte.
Lorsqu’elle se réveillât, elle était allongée sur le sol en position fœtale. Une faible bougie brillait de façon presque
saugrenue dans un coin de la pièce sombre, éclairant un mur rêche et coupant maculé de sang séché. Revenant brusquement à la réalité, comme si on lui avait cogné la tête une seconde fois, la
brume envahis de nouveau sa tête. Pendant quelques pitoyables secondes elle avait tellement cru que c’était un rêve.
Fixant la bougie, toujours allongée par terre, elle entendit un rire rauque transpercer le silence pesant.
- Vous n’avez pas crier, elles crient toutes pourtant, dit une voix grave
La jeune fille ne dit rien, contenant de fixer toujours plus intensément la bougie, écartelée par cette voix grave
d’outre-tombe qui la brulait. La voix de la peur elle –même.
- Seriez-vous muette ? Cela serait fort regrettable, très chère.
Elle imagina le monstre faire la moue, dépité de ne pas entendre sa victime hurler de peur, le supplier de l’épargner. Mais
sa gorge était trop nouée pour qu’elle puisse le faire, tout son être était paralysé.
Elle le sentit se déplacer, aussi léger qu’un courant d’air froid, plus silencieux qu’un félin. La flamme de la bougie ne
vacilla pas lorsqu’il passa près d’elle, éclairant une chemise à l’ancienne d’un blanc immaculé. Il lui saisit la gorge d’une main, serrant peu à peu sa prise tout en la relevant en position
assise. Elle ne voyait plus la bougie mais sentait à présent l’haleine étrangement mentholée de son geôlier.
- Bien, je vois que nous ne nous entendront malheureusement pas, il est donc à craindre que je sois le seul à prendre du
plaisir à mes petits jeux.
La douleur fut terrible. Le coup partit sans crier gare, droit dans l’estomac. Elle fut secouée de spasmes, cherchant son
air désespérément alors qu’il serrait toujours plus fort sa gorge de ses longs doigts fins. Son pouls s’accéléra, le sang battit à ses tempes, se perdant dans la douleur et le brouillard. Il
attendit que la douleur passe, desserrant ses doigts, pour mieux les refermés alors qu’il lui assenait un nouveau coup à l’estomac. Instinctivement elle lui saisit la main qui la maintenait,
cherchant l’air glacial dont ses poumons avaient besoin. Il relâchât à nouveau sa prise tandis que la douleur s’estompait à nouveau. Lui saisissant le menton, il obligea la jeune fille à pencher
la tête sur le côté, plantant ses dents dans la chaire tendre, cherchant la jugulaire, ses doigts douloureusement enfoncés dans ses bras qu’il serrait comme s’il cherchait à les briser. Elle
ouvrit alors la bouche en un long cri silencieux. Terrassée par la douleur, elle s’évanouit. Elle retomba brutalement au sol lorsqu’il la lâchât, sa bouche encore sanglante déformée par un
sourire sadique. Soufflant négligemment la bougie il repartit, refermant sans la fermer à clef la lourde porte de métal de la geôle.
Le monstre s’amusât pendant des jours avec elle, cherchant à tirer ne serais-ce qu’un petit son d’elle. Il parlait
étrangement, comme s’il était resté à une ancienne époque dont il ne voulait se séparer malgré l’avancée du temps. Il s’exprimait avec tant d’élégance que cela en était presque choquant les jours
où il se démenait dans sa cruauté.
Il l’a nourrissait tous les jours, pensait ses plaies délicatement, s’occupant d’elle comme un objet précieux et délicat.
Il tenait à la conserver longtemps.
Elle ne parlait jamais, mais il aimait le son de sa propre voix et il ne se lassait jamais de ses longs monologues dont il
l’abreuvait avant d’assouvir sa soif de violence et de sang, lui parlant de tout et de rien, laissant parfois échappé quelques mots sur sa vie.
Il s’appelait William et était devenu un vampire à l’époque du Moyen Age en Angleterre. Son père l’avait confié à un riche
bourgeois, pensant qu’il deviendrait écuyer et peut-être même chevalier. Mais l’homme l’avait maltraité et laissé pour mort au détour d’un chemin en le jetant hors de son carrosse qui filait à
toute allure en pleine nuit. Un homme l’avait trouvé et cette nuit là il naquit à nouveau, mais dans le monde des ténèbres cette fois.
Son mentor lui appris tout ce dont il avait besoin, mais les souffrances de son passé le poursuivaient inlassablement, et
sa colère ne s’apaisaient pas. Il massacra son ancien maître et sa maisonnée, transgressant les Lois de la nuit. Il fut banni de son clan par son mentor et survécut tant bien que mal, changeant
de continent lorsqu’il était découvert à cause d’une imprudence où lorsque les gens commençaient à se demander pourquoi il ne vieillissait pas, en un perpétuel recommencement.
Il apprit ainsi à devenir raisonnable, une seule victime à la fois, jusqu’à ce qu’il la tue, ou s’en soit trop lassé. Il
n’avait jamais réellement étanché sa soif de vengeance, il aurait pu traiter ses victimes mieux que cela, il n’avait aucun besoin de s’acharner sur elles mais ses plaies étaient trop profondes
pour se refermer, la folie l’aveuglait.
Il entrât dans la pièce noire comme à son habitude, refermant doucement la porte. Il allumât la bougie, et restât
silencieux un long moment angoissant. Elle savait ce qu’il allait faire, elle espérait à chaque fois que c’était la dernière.
- Je suis déçu, commença-t-il, j’ai découvert ton nom
La peur succéda à la surprise passagère de la jeune fille, elle attendit, silencieuse.
- Vous avez perdu tout attrait à mes yeux, j’aimais le mystère que vous représentiez et je n’avais pas perdu espoir de vous
voir hurler un jour, tout cela est fort regrettable
Il s’approchât d’elle, lui bouchant la vue de la bougie, lui saisissant sa gorge meurtrie comme à son habitude.
- Ceci est le tout dernier soir, ma chère, je me suis bien amusé avec vous, adieu
Il lui prit le front de son autre main et enfonça ses dents dans la jugulaire palpitante, suçant goulument le sang qui s’en
échappait. Il ne s’arrêta pas comme à son habitude, et lorsqu’il en eut terminé, la jeune fille retomba sur le sol pâle comme la mort, la gorge à moitié arrachée.
Il la prit dans ses bras et partit dans la nuit, son fardeau à la vue de tous, le sang encore chaud maculant ses lèvres
d’un rouge sombre qui se découpait nettement sur sa peau blafarde. Il la jeta sans vergogne sur le sol comme un déchet. On la retrouverait rapidement mais il s’en moquait, pourquoi s’en soucier ?
Il l’avait déjà oubliée. Il ne comprit jamais pourquoi ce soir là, dans la geôle, il donna à cette fille insignifiante le Cadeau des ténèbres. Que lui avait-il prit de verser son sang dans la
plaie béante ? Haussant les épaules, il s’enfonça dans la nuit, à la recherche de sa nouvelle proie. Le corps soudain secoué de spasmes, elle ouvrit les yeux et fixa sans la voir l’ombre
au-dessus d’elle.
Chapitre 2 : Sombre refuge
- Monsieur je l’aie trouvée, elle vie encore !
Une deuxième ombre apparu dans le champ de vision de la jeune fille toujours secouée de spasmes violents. Silencieuse,
l’autre ombre semblait l’étudier comme un vulgaire microbe sous un microscope avant de s’agenouiller près d’elle et d’humer l’air. Sortant un poignard de sa botte, l’ombre tendit son bras
au-dessus d’elle. S’entaillant le bras profondément, le sang gicla dans la bouche et la plaie de la jeune fille. Elle entreprit ensuite de rapprocher les bords de la plaie qui se referma
d’elle-même, laissant une cicatrice violacée particulièrement affreuse. La prenant dans ses bras, il l’allongea délicatement sur le siège arrière de sa BMW aux vitres teintées.
- A la maison
- Bien monsieur !
Elle se réveilla, la tête brumeuse, frottant ses paupières encore ensommeillées. Elle stoppa net quand elle se rendit
compte qu’elle était dans un lit. Un lit qui se trouvait dans une chambre luxueuse reflétant la beauté d’une époque lointaine. Ses seuls souvenirs s’arrêtaient à l’instant où le sang de William
avait coulé dans sa plaie, le reste n’était que souffrance. Puis la douleur s’était estompée soudainement, elle avait vaguement sentis des mains sur elle, avant de plonger dans un sommeil sans
rêve.
Elle se leva, savourant le plaisir de sentir la douceur du tapis sous ses pieds nus. Un lustre immense illuminait la pièce
mais une envie irrépressible d’ouvrir les rideaux la tenailla, elle voulait voir ce qu’il y avait dehors, voir où elle se trouvait. Elle tendit la main.
- Je ne ferai pas cela si j’étais vous, lança une voix douce et tremblotante
Surprise, la jeune fille se retourna brutalement. S’emmêlant les pieds elle partit à la reverse et heurta la fenêtre avant
de se retrouver assise, hébétée.
- Grand Dieu ! Oh milles excuses madame, je ne voulais pas vous effrayer, s’écria un vieil homme qui accouru vers elle dans
un impeccable costume trois pièce noir.
Elle se recroquevilla sur elle-même apeurée, le visage dans ses mains.
- Vous ne vous êtes pas fait mal ? Les rideaux sont épais mais quand même ! Madame je vous en prie, je ne vous ferais aucun
mal, mon maître ma expressément demandé de m’occuper de vous
Elle lui jeta un rapide coup d’œil inquiet. Il était penché sur elle, les mains tendues sans oser la toucher. Il se releva
lentement, recula de quelques pas et s’inclina vers elle.
- Je me nomme Alfonse, majordome de la maisonnée St James, pour vous servir madame
La jeune fille resta prostrée à terre. Le vieil homme, décontenancé, se racla la gorge, cherchant un moyen de la
détendre.
- Je pense qu’il vous serait agréable de prendre un bon bain bien chaud, je vais aller vous en faire couler un, il y a du
bain moussant à la rose, à la lavande et à l’orange
Il s’inclina à nouveau et partit s’affairer un instant dans la salle de bain avant de revenir dans la chambre, tout en
restant à bonne distance d’elle pour ne pas l’effrayer.
- Des affaires propres vous attendent, j’espère qu’elles sont à la bonne taille
Elle ne l’écoutait pas, elle n’entendait que l’eau couler. Se relevant précipitamment, la jeune fille couru dans la salle
de bain et s’y enferma à double tour. Elle n’entendit pas le vieux majordome quitter la chambre et refermer la porte derrière lui. Elle se déshabilla rapidement et se plongea dans l’eau chaude
avec délectation. Elle se frotta énergiquement tout le corps, raclant la crasse des jours passés enfermée. Elle se lava trois fois de suite, changeant de gant de toilette à chaque fois, pour être
bien sur d’être totalement propre de la tête aux pieds. Elle se fit ensuite couler un bain et y ajouta un peu de bain moussant à la rose. Respirant l’odeur délicate, elle ferma les
yeux.
Elle resta un long moment ainsi, observant les lieux. Avisant les vêtements propres sur une chaise, elle s’empressa de se
rincer et de se sécher. Les cheveux secs et brossés, elle enfila une petite robe blanche toute simple. Il y avait tout un assortiment de petites culottes. Les joues rouges, elle mit celle à sa
taille. Dédaignant les chaussures, elle déverrouilla la porte le plus silencieusement possible et jeta un coup d’œil dans la chambre. Personne. Dans le couloir, elle avisa les portraits qui
décoraient les murs et les nombreuses lampes murales d’un style ancien. Toutes les fenêtres étaient cachées derrière d’épais rideaux de velours sombre.
Elle laissa la porte de sa chambre ouverte, au cas où elle aurait à s’y réfugier en urgence. Le couloir s’étendait de
chaque côté semblant sans fin, elle partit vers la gauche, méfiante. Longeant le couloir silencieusement, elle ressenti bientôt confusément quelque chose, comme si elle sentait une présence au
fond d’elle-même. Instinctivement, elle s’arrêta devant une porte entrouverte, aucun bruit ne filtrait à l’intérieur. Elle tenta de regarder mais elle n’avait vue que sur une imposante
bibliothèque. La porte vola. Reculant précipitamment, la jeune fille se senti partir en arrière, l’homme lui saisi un bras tandis qu’il posait son autre main dans son dos pour stopper sa
chute.
- Lilith, murmura-t-il dans un souffle
Abasourdie, elle fixa ses yeux d’un bleu pur, la bouche ouverte en un o muet. Il la redressa, et elle se retrouva contre
lui, le haut de son crâne frôlant son menton. Elle dégagea son bras et le repoussa des deux mains. Il ne la retint pas. Elle recula jusqu’à se retrouver collée au mur. Le vieux majordome apparu
dans l’embrasure de la porte.
- Ah madame, je vous présente mon maître, Lord Edward Owen St James
Edward la transperçait de son regard aigu, le visage de marbre, ne laissant transparaitre aucune émotion. Effrayée, la
jeune fille reparti dans le couloir à toute vitesse. Avisant la porte ouverte, elle se rua à l’intérieur et tourna le verrou après avoir violement claqué la porte. Secouée de tremblements
irrépressibles, elle attrapa un oreiller et se glissa sous le lit. Posant la tête sur l’oreiller moelleux, elle ferma les yeux et se força à reprendre une respiration normale. Juste avant de
sombrer dans le sommeil, elle se demanda comment cet homme avait eut connaissance de son prénom.
- Ah…Je pense que vous lui avez fait peur monsieur, remarqua Alfonse en haussant les sourcils
- Merci de le souligner Alfonse, je ne l’avais pas remarqué, répliqua froidement Edward en retournant à son
bureau
- Puis-je vous conseiller d’être moins brusque à l’avenir monsieur ? Les jeunes filles doivent être traitées avec douceur
et délicatesse, continua le vieil homme imperturbable
Edward ne répondit pas. Habitué à l’humeur de son maître, Alfonse sorti et referma la porte avant de retourner vaquer à ses
occupations.
Des coups retentirent, tirant la jeune fille d’un sommeil agité. Les coups à la porte se répétèrent. La voix étouffée
d’Alfonse lui parvint.
- Madame ? Le maître désirerai savoir si vous aimeriez diner en sa présence ou si vous préféreriez manger seule dans votre
chambre
S’extirpant de sous le lit, la jeune fille hésita à ouvrir la porte. Au bout de quelques minutes elle se décida enfin.
Alfonse attendais patiemment, droit comme un i malgré son âge avancé.
Portant une main à sa cicatrice, la jeune fille regarda dans la chambre. Elle avisa le secrétaire et en retira une feuille
de papier et un stylo bille. Elle retourna ensuite à la porte et tendis la feuille au majordome qui prit immédiatement connaissance de ce qu’elle avait écrit.
- Très bien madame, il en sera fait comme il vous plaira, répondit-il en lui rendant la feuille, je viendrai vous chercher
lorsque tout sera prêt
La jeune fille s’assis sur le lit, gardant en main le stylo et la feuille.
Je cherche celui pour lequel je suis faite, celui qui me dira : "tu es parfaite pour moi !"
Hier c'est l'histoire, demain est un mystère mais aujourd'hui est un cadeau, c'est pourquoi ça s'appel le présent.
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