Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 16:23
Bon j'ai pas encore trouvé de titre pour mon histoire, je sais même pas encore ce qu'il va y avoir dedans XD
Bref j'vais écrire au fur est à mesure que mes idées viendront, j'éditerai  au fur et à mesure.
J'vais déjà faire une petite présentation générale des personnages et de la trame principale.
Y aura beaucoup de reprise de l'histoire jusqu'à ce que je soit satisfaite donc il faudra peut-être parfois tout relire du début



Molly et Lusia sont des nymphes florales nées d'une mère nymphe elle aussi et d'un père elfe. La meilleure amie de leur mère, Erin, les recueillera à la mort de leur parents et s'occupera d'elles qui la considèreront comme leur tante.
Elles vont êtres séparées, l'histoire consistera en cette quête de chacune pour retrouver les autres.
Elles vont faire des rencontres plus ou moins heureuses, vivre des aventures fabuleuses, avant de se retrouver enfin (happy end powaaa !).



Chapitre 1 : Séparations

Des cris déchiraient la nuit, des cris de bêtes, des cris de souffrance. Le sang tapissait le sol et les feuilles d'automnes, le feu ravageait le campement. Une femme aux longs cheveux roses surgit, un bébé dans les bras et trainant une petite fille en pleur.
Arrivée à la rivière, elle laissa les deux enfants apeurés près de l'eau claire et calme.
Retournant au campement à toute vitesse, la femme chercha son maris de tous les côtés, aveuglée par la fumée et les larmes, les corps s'empilaient partout, beaucoup d'elfes, mais si peut d'ogres, leurs assaillants.
Le bas de sa robe tachée de sang, elle courait hagarde entre les cadavres, tournant la tête de droite à gauche, désespérée.
Soudain elle se figea, le regard fixé sur un corps à terre. Penchée sur lui, elle pleura toutes les larmes de son corps son amour perdu.
Sa peine l'avait comme anesthésiée, elle n'entendait plus les cris et les pleurs, elle ne sentait plus la fumée acre lui brûler la gorge et elle ne senti pas la lame lui traverser le corps, les unissant elle et lui à jamais.
Au bord de l'eau, la petite fille se serra contre sa sœur, terrifiée, appelant désespérément ses parents.
Une ombre surgit lentement des profondeurs de l'eau, provoquant de doux remous à sa surface, et tendis les bras vers les deux enfants. Prenant le bébé, elle se pencha sur la petite qui s'était recroquevillée au sol en une malheureuse petite boule toute tremblante.
- Molly ma douce, viens ! murmura l'ombre
- Tante Erin ! cria Molly, avant de se jeter dans ses bras
Erin emporta les enfants en lieu sur, loin de la tragédie, les yeux baignés de larmes salées.




14 ans plus tard

Courant à perdre haleine, Molly fuyait. Les bêtes les avaient attaquées elle et sa sœur et avaient réussit à les séparer. Molly avait pu voir du coin de l’œil que Lusia avait réussit à grimper sur une biche qui avait bondi furieusement en avant. Les jeunes filles s’éloignaient de plus en plus de la rivière, et d’Erin. Mais Molly ne voyait pas comment y retourner sans tomber dans les bras de la bête.
Communiquant avec les arbres alentours, elle leur demanda de l’aide. Un vieux chêne l’entendit et souleva ses racines, faisant tomber la bête, donnant quelques précieuses secondes d’avance à la jeune fille.
La bête respirait fort et son haleine sentait la pourriture, son corps crasseux transpirant une odeur nauséabonde. Ecœurée, Molly forçait son corps peu musclé à courir toujours plus vite, toujours plus loin. La fatigue la gagnait, elle sentait qu’elle allait bientôt lâcher prise.
Les arbres lui murmurait à l’oreille mais elle n’arrivait pas à les entendre tant elle se concentrait sur sa course.
Elle déboucha alors sur une autre rivière, plus grande, plus large et plus tumultueuse que celle où elle vivait avec sa sœur et sa tante. Epouvantée, elle se jeta dans l’eau, tandis que la bête déboulait derrière elle en grognant.
Soudain la bête se tu, mais elle ne regarda pas derrière elle, se débâtant avec le courant, se noyant presque, quand elle senti deux bras musclés la tirer en arrière. Elle hurla.

Lusia avait sauté sur le dos de la biche qui avait filé comme le vent. Elle avait senti que Molly avait pris une autre direction, obligeant les deux bêtes à se séparer.
La biche bondissait, plus rapide de la bête. Lusia se savait sauvée, une fois qu’elles auraient sauté le précipice peu large, elle savait que les bêtes ne savaient pas sauter.
En effet, la bête hurla sa rage de voir sa proie lui échapper, avant de tourner les talons à toute allure. La biche ralenti sa course un peu plus loin et stoppa, essoufflée, près d’un tout petit ruisseau.
Descendant du dos de l’animal qui s’abreuvait intensément, elle s’allongea dans l’herbe tendre, se laissant aller aux larmes, laissant enfin la peur prendre le dessus, priant pour que sa sœur ait elle aussi réussit à s’échapper. Elle s’endormit rapidement, encore secouée de sanglots.
Alors que l’aube se levait, un bruit de feuillage, incongru dans le calme de la forêt, lui fit ouvrir les yeux et s’asseoir, inspectant soigneusement les alentours.
Caché dans un buisson, des yeux l’espionnaient.

Erin senti que quelque chose était arrivé, les filles s’étaient trop éloignées, le vent ne lui apportait plus leurs odeurs fleuries.
Inquiète, elle sorti de l’eau et couru dans la direction que les filles avaient prises. Elle sentait son cœur battre furieusement, lui faisant presque mal.
Elle s’arrêta précisément à l’endroit où les filles s’étaient faites attaquée, tant l’odeur des bêtes était fétide et tenace.
Les filles s’étaient séparées, multipliant leurs chances de survivre. Erin se sentait déchirée, quelle direction suivre ? Molly qui était partie tout droit ou Lusia qui était allée à gauche ? La terreur la gagnait, elle estimait leurs chances de survie à la baisse à chaque seconde.
Se prenant la tête dans ses mains, les larmes coulaient le long de ses joues, la panique l’avait totalement envahie.
Gémissant, elle senti alors une odeur répugnante, se tournant dans la direction de Lusia, une bête avançait lentement vers elle, prête à s’élancer.
Se retournant dans la direction opposée, Erin entama une course folle à travers les bois, ses beaux cheveux bleu volant au vent, fouettant ses joues.
Elle réussissait à tenir la bête à bonne distance, sa vie passée dans l’eau, son élément naturel l’ayant dotée d’une musculature fine mais puissante.
Elle ne savait pas où elle allait, elle n’arrivait plus à penser, elle fuyait toujours plus loin, toujours plus vite, s’éloignant des filles et de sa vie.
Débouchant dans une clairière, elle fonça doit dans une cage dont la porte se referma brutalement.
Erin alla s’écraser contre les barreaux du fond et s’effondra, assommée.
- Ah on a finalement attrapé quelque chose aujourd’hui ! Tu vois Bert, j’t’avais bien dit que les bêtes seraient utiles, un bon investissement que voila ! Et il nous ramène une très belle prise, regarde une nymphe des eaux !
Montrant Erin de son index boudiné, l’homme parti d’un rire gras, faisant rebondir son énorme estomac de façon ridicule. Le dénommé Bert s’approcha à son tour de la cage, évitant soigneusement la bête.
- Magnifique en effet, on en tirera un très bon prix. Demande à ta bête de mettre la cage sur la charrette,
- Aller le bestiau, tonitrua le gros homme, tu prends la cage et tu la mets sur la charrette ! Allez allez !
La bête regarda l’humain gesticulant et rougeaud d’un air stupide. Laissant son collaborateur, s’échiner avec sa bête, Bert contempla la femme endormie dans la cage, un bleu commençait à s’épanouir sur son front. Sa peau d’albâtre, sa beauté délicate…oui elle fera sa fortune à coup sur.



Chapitre 2 : Rencontres

Elle se senti serrée contre un torse musclé et solide. Fatiguée, Molly se tu, haletante, le corps douloureux. L’homme la sortie de l’eau fermement, avant de l’asseoir sur la terre ferme contre un arbre, s’accroupissant près d’elle. Il se releva à l’arrivée de 3 hommes à cheval  richement parés.
- Monseigneur, comme toujours vous avez massacré votre ennemi avec rapidité et précision, le félicita l’un d’eux
- Merci, Seigneur Defren, amenez-moi ma monture, cette pauvre demoiselle est trempée, nous allons la ramenée à mon château afin de lui rendre une meilleure apparence.
Toujours sous le choc, Molly ne réagit pas à ce qui se passait autour d’elle. C’est à peine si elle senti qu’on la soulevait délicatement pour la poser devant lui sur la selle, enroulée dans une couverture bien sèche et chaude.
Bercée par le cheval, elle s’endormit rapidement, inconsciente du fait que son sauveur l’éloignait toujours un peu plus de chez elle.
La jeune fille se réveilla sur un matelas moelleux et sous une lourde couverture de velours bien chaude et douce. De surprise, elle s’assit, les yeux écarquillés.
- Bonjour !
Molly se tourna, un jeune homme était assis dans un confortable fauteuil. Son sauveur.
- J’ai bien cru que vous réveilleriez jamais, plaisanta-t-il, votre aventure hier vous a beaucoup fatiguée
- Où suis-je ? Qui êtes vous ? demanda Molly, légèrement inquiète
- Je suis le seigneur Royan et vous êtes dans mon château de Causdillac, sur le royaume de Runstan, répondit-il fièrement, nous rentrions justement, lorsque nous avons croisé votre chemin
- Merci, vous m’avez sauvé la vie
- Mais ce fut un plaisir, je ne tourne jamais le dos aux jolies demoiselles en détresse, je vais vous laisser vous reposer encore un peu, mes affaires me réclament, ensuite je vous ferai envoyer des servantes pour vous aider à vous préparer pour le diner de ce soir
Une fois parti, Molly rejeta sa couverture et je précipita vers la fenêtre. Des humains, toute une colonie d’humains, il y en avait partout ! Inquiète, elle se rendit compte qu’elle ne portait qu’une fine chemise de nuit, mais elle ne retrouva nulle part ses vêtements. Résignée, elle attendit les servantes qui devaient la préparer. Il fallait faire comprendre à cet humain qu’elle allait devoir repartir le plus vite possible, elle savait que les humains traitaient les siens comme des animaux de compagnie, les nymphes étant un peuple pacifique, et elle devait aller chercher Lusia.

Lusia resta figée, son cœur manqua un battement. Alors la chose cachée derrière le buisson se releva lentement, découvrant un jeune guerrier.
Tétanisée, la jeune fille resta sur l’herbe, trop choquée pour penser à fuir. Elle sentait confusément que l’homme devant elle avait quelque chose d’étrange, il était humain. Non pas seulement, il était aussi autre chose, mais elle n’arrivait pas précisément à savoir quoi.
La biche avait relevé la tête, les oreilles en arrière, hésitante.
L’homme resta à bonne distance, trop silencieux pour un simple humain. Il sorti alors une flèche de son carquois et tendit son arc vers la biche.
Lusia hurla mentalement à la biche de fuir tandis qu’elle se jetait vivement entre eux.
Le jeune homme ne sembla pas furieux et Lusia se rendit compte qu’il voulait simplement les faire partir toute les deux. Raté.
Il rangea sa flèche et son arc, et repartis en sens inverse.
La biche avait sauté le précipice en sens inverse, elle était hors de vus à présent. Lusia n’avait pas le choix, elle devait suivre l’homme maintenant, la biche ne pouvait plus l’aider à fuir, lui seul pouvait à présent la protéger. Et puis il le lui devait après tout, il n’avait pas à les menacer, elles seraient parties d’elles même après un repos bien mérité.
Courant pour le rattraper, Lusia espéra ne pas avoir pris la mauvaise décision.

Erin se réveilla le lendemain avec un mal de tête horrible. Elle était allongée pourtant le sol bougeait sous elle. Se relevant péniblement, elle réussit à s’asseoir et s’adossa contre les barreaux de sa cage.
Des esclavagistes ! Elle allait être vendue le jour même au village de Str’am, réputé pour avoir le plus grand marché aux esclaves de tout le royaume de Runstan.
Sa tête la lançait. Levant une main, elle frôla la bosse qui ornait désormais son front, déclenchant une douleur abominable. Etourdie par la douleur, elle s’écroula en gémissant et fini par s’évanouir.
Erin se réveilla sur un sol froid, dur et rugueux. Des gens criaient tout autour d’elle en une cacophonie insupportable. Sa bosse avait cessé d’enfler, elle ne devait pas être belle à voir.
Avisant une couchette, un vulgaire banc de bois mal dégrossi sur lequel on avait jeté une peu de paille, elle s’en rapprocha et l’utilisa pour se relever et s’asseoir, gardant la tête baissée pour la soulagée.
Sa tête la lançait toujours, mais moins que la dernière fois. Elle entreprit de relever lentement la tête, supportant tant bien que mal la douleur.
Elle regarda la foule du village passer devant sa prison, la scruter, négocier, mais tous partaient en voyant son bleu au front. Erin se senti fière de pouvoir contrecarrer les plans de ceux qui l’avaient enfermé. A peine un jour était passé.
Le soir tombant, Bert et le gros homme vinrent la voir pour la première fois.
- Tu na pas eut beaucoup de succès ma jolie, ton bleu fait peur, les acheteurs veulent une marchandise prête à être utilisée et non à soigner, ce qui leur coûterai encore plus d’argent, gronda le gros homme, son ventre proéminent rebondissant à chaque parole, tu ne mérite pas ton diner de ce soir mais mon collaborateur, il désigna Bert d’un index boudiné, estime que tu vaux la peine que l’on te soigne alors mange, on ta amener un guérisseur
Ouvrant la porte, il fit entrer un vieille homme maigre à faire peur. Celui-ci tendit une assiette de bouillie à l’aspect peu appétissant ainsi que bout de pain et un broc d’eau.
Pendant qu’Erin se forçait à manger pour reprendre des forces, le vieil homme sorti de sa besace des herbes et des onguents qu’il appliqua délicatement sur le front de la jeune femme.
- Vous avec un beau bleu, petite demoiselle, heureusement mon baume est capable de le faire disparaître lui ainsi la douleur
- Merci grand-père, répondit Erin
- Grand-père ?
- Oh je suis désolée, c’est ainsi que mon peuple s’adresse aux aînés, je ne voulais pas vous insulter
- Il n’y a pas de mal, j’ai seulement été surpris par ton respect, je suis esclave depuis ma naissance, répondit-il avec un large sourire édenté, une si belle créature, qu’il est triste de lui arracher sa liberté, mais la beauté attire les bons maîtres, la chance sourira peut-être
Se relevant, il abandonna Erin. Elle se sentait étrangement calme, les plantes avaient du soulager plus que sa douleur au front. Apaisée, elle s’étendit sur l’étroit banc de bois et s’endormie. Pour cette nuit au moins elle n’aurait pas peur, elle ne rêverait pas, elle ne s’inquièterait pas



Chapitre 3 : Toujours plus loin

Molly écoutait les bruits du couloir. L’oreille collée à sa porte depuis le matin, elle glanait de précieuses informations sur l’endroit où elle se trouvait et ses habitants. Elle avait bien fait de demander à manger seule dans sa chambre.
Elle avait ainsi découvert que les humains s’entouraient de nymphes non pour en faire des animaux de compagnie comme le disait les rumeurs des sous-bois, mais car selon leurs affinités avec la nature celle-ci devenait plus généreuse en ressources.
Certains des nobles occupant les lieux avait donc prévu de lui faire faire une petite promenade, afin de l’observer.
Il n’y avait plus personne dans le couloir. Molly retourna s’asseoir sur son lit, méditant un plan de fuite désespéré.
Peut de temps avant le diner du soir, Royan vient la chercher, l’air sombre.
- Ma chère, j’ai reçu une missive ce matin, le roi m’ordonne de me rendre immédiatement en son château, les ogres menacent d’envahir la plaine d’Ildel
Molly attendit la suite, anxieuse.
- J’ai bien entendu accepté de lui fournir une aide conséquente, je pars demain pour la plaine avec mes homme, pour fortifier la ligne de défense.
Le cœur de la jeune fille manqua un battement, sans lui elle aurait plus de chance de réussir sa fuite, mais elle ne voulait pas non plus qu’il doive mourir pour cela.
- Bien entendu, je ne peux décemment vous laisser derrière moi, vous allez m’accompagner
Surprise, Molly le contempla les yeux écarquillés. Il s’expliqua.
- Je sais ce que représente les nymphes pour mon peuple, et je connais la cupidité des parasites qui vivent sous mon toit, vous laisser à leur merci serait pure folie de ma part
Touchée, la jeune fille ne sut que dire. Royan était quelqu’un de bien, pour un humain. Elle prit sa main dans la sienne, en signe de remerciement. Ce qu’elle lu alors dans ses yeux l’effraya, elle ne voulait pas qu’il s’éprenne d’elle. Retirant sa main, elle se tourna vers la porte derrière lui.
- Nous allons être en retard pour le diner, murmura-t-elle
Troublé, Royan hocha la tête. Demain, ils feraient route tous deux pendant un mois avant d’atteindre la pleine d’Ildel. Ils auraient tout le temps de faire connaissance.

Lusia rattrapa difficilement le guerrier. Il se déplaçait aussi rapidement que silencieusement. Elle s’aida de son lien avec les animaux pour le retrouver. Lorsqu’il fut en vue, elle fonça et s’accrocha à son bras. Il stoppa net, sans se tourner vers elle. Il attendait. Elle était essoufflée.
- Vous…avez fait fuir mon amie, je ne peux plus traverser le ravin
Il ne dit rien, ne bougea pas d’un pouce. Luisa se recula, sans le lâcher pour autant.
- Je ne peux plus rentrer chez moi
Toujours aucune réaction. La jeune fille s’énerva.
- Vous êtes responsable de ma sécurité maintenant, je ne sais pas me défendre, je ne peux plus rentrer chez moi, vous devez me ramener !
Il se tourna enfin vers elle.
- Non
- Pardon ?
Abasourdie, elle se plaça sur son chemin, plongeant ses yeux roses dans les siens d’un gris clair peut communs.
- J’ai dit non, répéta-t-il
- Vous…
- Non, moi rien du tout
Il la contourna et disparu dans la forêt.
Lusia s’effondra au sol, secouée de sanglots. Sa sœur était peut-être morte. Sa tante probablement partie à leur recherche. Elle devait retournée au précipice, au cas où, même si la biche était loin maintenant
Elle senti deux mains la soulever du sol. Le guerrier était revenu ! La portant dans ses bras, il partit au pas de course vers le précipice.
Luisa se cramponna à lui en se rendant compte qu’il allait sauter. Atterrissant en douceur de l’autre côté, il continua. Il s’arrêta à l’endroit où les filles avaient été attaquées.
- Ma sœur est partie de ce côté…
Il suivit la trace de Molly. Ils arrivèrent à la rivière, près de la dépouille de la bête.
- Oh ! Ce n’est pas elle qui a pu faire une chose pareille !
- Elle est sauvée, nous devrions aller chercher celle qui est blessée
- Celle qui est blessée…Luisa ne put finir sa phrase, se rappelant que l’autre bête était repartie, voyant sa proie lui échapper, elle pensa alors à sa tante, Erin !
Gesticulant, elle tenta de lui échapper. Resserrant fermement son étreinte, le jeune homme la conduisit à l’endroit où hier encore les esclavagistes avaient monté leur camp.
- C’est surement ma tante, il lui est arrivé quelque chose !
- Elle est vivante
- Comment pouvez-vous le savoir ?
- Il y aurait eut beaucoup plus de sang
- Ah…
- Elle va être vendue à Str’am
- Vendue ?
Les yeux exorbités, les larmes se remirent à couler sur ses joues. La gardant dans ses bras, le guerrier pris la direction du village aux esclaves. Cette fille, il ne la connaissait pas, mais elle le rendait déjà fou.

Erin se réveilla. Son dos la lançait, la planche de bois était trop dure et rêche. Sa peau était rouge et éraflée.
Elle se releva, la main sur son front. Elle n’avait plus mal, plus de bosse, elle se sentait…bien. Enfin aussi bien qu’une prisonnière pouvait l’être. Le jour se levait à peine mais déjà quelques acheteurs se précipitaient.
Erin se perdit dans ses pensées. Cernée par trois murs de pierre, elle tourna machinalement le visage vers la lumière du soleille qui passait timidement à travers les barreaux.
Elle reprit ses esprits lorsque le brouhaha à l’extérieur devint insupportable pour ses oreilles habituées au calme de la forêt.
Une masse d’humains s’agglutinait devant sa prison, certains tirants d’autres prisonniers par une chaîne attachée autour de leur cou. Bert et le gros homme se tenaient en retrait, cachés par d’autres acheteurs qui négociaient le prix.
La foule s’écarta, soudain silencieuse, sur un homme aux épaules larges, le visage tailladé. Un ancien soldat. Il boitait mais les autres humains semblaient le respecter.
Il observa Erin. Ses yeux perçants la transpercèrent, on aurait dit qu’il pouvait voir jusque dans son âme. Relevant le menton par défis, elle le regarda également des pieds à la tête.
Un petit sourire en coin, il se dirigea ensuite vers Bert et son acolyte. Déposant une bourse de taille honorable dans la main que tendait le gros homme, il prit les clefs, entra dans la geôle.
Erin se redressa.
- Suis-moi et je ne t’attacherai pas
Sa voix était grave et rauque. Rassurante. Erin le suivit, sans discuter.



Chapitre 4 : Sur la route

Cela faisait maintenant quatre jours que Molly avait été séparée de Lusia et d’Erin. Elles lui manquaient terriblement.
Royan avait pris la jeune fille derrière lui sur son cheval. Elle se cramponnait nerveusement à son protecteur. Son corps s’engourdissait à force d’être crispé.
Aux alentours de midi, l’armée mit pied à terre dans une large clairière. Royan laissa Molly assise près du feu de camp pour discuter tranquillement avec son général et son maître stratège. Molly regardait discrètement dans tous les sens une brèche par laquelle s’échapper mais la clairière grouillait d’humains en armure.
Certes, Royan était d’une compagnie agréable, mais son comportement s’était subtilement changer. Il lui faisait la cour. Bien que reconnaissante envers le jeune homme, elle ne voulait pas rester auprès de lui. Elle ne le connaissait même pas. Les humains étaient beaucoup trop rapides. Remarque, elle pouvait le comprendre, ils faisaient partis du seul peuple à  vieillir et mourir vite, sans même jamais atteindre cent ans. Elle se leva. Deux hommes en armure vinrent près d’elle rapidement.
- Madame désire quelque chose ? demanda le plus âgé
- J’aimerai marcher un peu, je n’ai pas l’habitude de monter à cheval, murmura Molly timidement
- Vous gêneriez les autres soldats madame, rétorqua un soldat plus jeune, manifestant ouvertement son hostilité envers elle… il se tu lorsque le plus âgé lança un regard noir.
- Si madame me permet de l’accompagnée, nous pourrions faire le tour de la clairière, Artus restera ici
Hochant la tête, le regard tourné vers le sol, Molly suivit le soldat. L’hostilité du jeune Artus l’avait choquée mais les humains n’aimaient pas les êtres différends. Ils faisaient beaucoup trop attention aux origines. Ils étaient aussi beaucoup trop fiers.
Arrivant près d’un endroit relativement moins peuplé, Molly s’arrêta. Le soldat se tourna vers elle.
- J’aimerai satisfaire un besoin naturel, dit-elle très gênée
- Ah…, le vieux soldat avait l’air soudain tout aussi gêné qu’elle, allons vers ce bosquet, il vous protègera des regards indiscrets, je veillerai à ce que personne n’approche de trop près
Molly allât donc se cacher, tandis que le soldat prenait position. Elle se dirigea discrètement derrière un jeune hêtre et grimpa prestement à ses branches les plus hautes. Appelant les autres arbres à son aide, ceux-ci lui firent alors une passerelle aérienne de leurs branches.
Rapidement, elle s’éloigna jusqu’à être hors de vue au bout de cinq minutes. Au bout d’une heure de course folle, elle sauta à terre, près d’un ruisseau à l’eau claire. Elle s’était encore beaucoup éloignée de chez elle.
Les pieds dans l’eau, elle se détendait sous un rayon de soleil. Au loin des cris se firent entendre. Paniquée, elle se releva, écoutant le vent ? C’est elle qu’on appelait.

Lusia, toujours dans les bras du jeune guerrier, se demandait pourquoi il était si soudainement revenu pour l’aider. Il courait vite. Ils arrivèrent au village de Str’am à la nuit. Ils attendirent le lendemain pour chercher Erin. Le soir, la seule chose que l’on pouvait y trouver était la mort, les assassins étaient légions. La lutte entre les acheteurs féroce, et ils faisaient souvent appel aux mercenaires.
Allongés l’un contre l’autre pour se tenir chaud, Lusia s’endormit en pensant au beau guerrier contre elle.
La fille était endormit profondément depuis dix minutes. Se relevant, le guerrier partit en direction de la ville. Il savait qu’elle ne craignait rien là ou elle était. Il veillait sur elle.
Se dirigeant directement vers les geôles, il essaya de distinguer l’odeur d’Erin parmi la puanteur des lieux. Il la retrouva. Elle était vide. Ses pensées se tournèrent vers la jeune fille endormit. Elle n’avait pas bougé, son souffle était calme.
Reprenant sa route, il entra dans une taverne. Les deux hommes qu’il cherchait étaient assis à une table. Le plus gros avait mangé pour trois, les assiettes s’empilaient devant lui, et il était plein d’alcool. Le plus mince regardait autour de lui, les yeux toujours en mouvement, calme comme une pierre. Il ‘n’avait rien bu.
 Se dirigeant vers eux, le jeune homme pris une chaise vide qui passait à sa portée et s’assit à leur table.
- Messieurs, je cherche une nymphe
- Ah vous arrivez trop tard, rigola le gros homme, nous en avions bien une mais nous l’avons vendue à Anar, le demi-elfe, vous arrivez une journée trop tard
Saoul, il se vautra sur sa chaise, s’étouffant presque dans son rire gras.
Le plus mince fixait son regard sur le jeune guerrier. Il était mal à l’aise. Il avait reconnu la marque des mercenaires gravé sur sa veste.
Se relevant, le jeune homme repartit retrouver Lusia, se recouchant près d’elle. Il avait entendu parler de ce demi-elfe. Il avait combattu auprès du haut roi elfe lors de la grande bataille de Jürnagar, et avait massacré à lui seul une centaine de trolls.

Erin suivit son nouveau propriétaire à travers les rues de Str’am. La foule et le bruit lui donnait le tournis. Personne n’osa poser la main sur l’esclave du demi-elfe, on le savait redoutable. Une immense hache était attachée au côté de son propriétaire, une sacoche se balançait de l’autre. Erin se demanda ce qu’il comptait faire d’elle. Elle posa  la question lorsqu’ils atteignirent l’orée de la forêt, loin des oreilles indiscrètes. Il se retourna vers elle lentement, fixant son regard dans le sien. Courageuse, Erin soutint son regard, se retenant à grand peine de fuir. Sans un mot, il se retourna et repris sa route.
Stupéfaite, Erin ne bougea pas. Elle devait lui parler de Molly et Lusia. Elle devait le convaincre de l’aider. Anar s’arrêta un peu plus loin.
- Tu préfère que je t’attache finalement ? gronda-t-il
- Ecoutez…commença Erin
Ne lui laissant pas le temps de finir sa phrase, il revint près d’elle à une vitesse déconcertante, avant de la lancer sur son épaule comme un vulgaire sac de pommes de terre. Erin se débâtit en vain, frappant, griffant et mordant l’homme qui la maintenait fermement. Elle hurla. Pour la faire terre, Anar lui donna une claque retentissante sur les fesses. Erin poussa un cri plus aigu et se mit à pleurer, arrêtant enfin de se débattre.
Anar marcha ainsi toute la journée, Erin sur l’épaule. Le soir tombant, il s’arrêta, déposant la jeune femme à terre. Elle avait mal au ventre et mal à la tête.
Anar fit un feu, toujours aussi silencieux. Il sorti un morceau de lapin de sa sacoche, le mit au feu. Alors qu’une odeur de viande fumée horrible montait au nez d’Erin, Anar sortit des fruits de sa sacoche et les lui tendis. Erin ne bougea pas, défiant le demi-elfe. Il rangea les fruits dans sa sacoche, l’air sombre.
- Tu n’a aucune chance de t’enfuir, gronda-t-il de sa voix grave et rauque
- Je sais, répondit Erin
- Tu vas essayer quand même
- Oui
- Pourquoi ?
- Je dois retrouver mes filles
Relevant la tête, Anar l’observa. Des enfants ? Alors elle avait aussi un mari. Regardant son visage, Erin pu suivre le cheminement des pensées du demi-elfe facilement.
- Non pas de mari, juste mes deux filles, dit Erin, ses yeux bleu pâles pleins de tristesse




Chapitre 5 : Plus qu’une à chercher

Il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours et le cerf qu’il avait sous les yeux le faisait saliver. Il devait l’attraper. Seul, il peu de chance de réussir. Il perçu des bruits au loin. Il devait faire vite sinon sa proie allait lui échapper. Il bondit sur le cerf, lacérant sa gorge de ses crocs acérés, l’écrasant de tous son poids. Les bruits se rapprochaient. Quelqu’un courrait. Rabattant ses oreilles en arrière, il se retourna, prêt à défendre chèrement son diner.
Une fille apparue de l’autre côté de la rivière. Haletante, elle se reposa un instant les pieds dans l’eau. Des cris venaient de la même direction. Il l’a vit se relever prestement, en pleine panique et se ruer dans le ruisseau pour le traverser. Trempée jusqu’aux os, elle atteignit l’autre côté, et s’effondra dans la boue juste devant lu, essoufflée. Relevant la tête elle le vit, ses yeux s’agrandir de surprise. Une nymphe ! Plein de sang, abandonnant sa proie, il s’approcha doucement d’elle, curieux, oubliant sa faim dévorante un instant. S’accroupissant près d’elle, il l’observa. Les cris se rapprochaient d’eux. Des larmes silencieuses coulèrent sur les joues pâles de la nymphe. Cela l’étonna, les louves ne pleuraient jamais. Baissant les oreilles en arrière, il recula d’un pas. Il ne savait pas comment réagir.
- Je t’en pris, aide moi, hoqueta la nymphe
Seul depuis trop longtemps, il n’eut aucune réaction, se contentant de la dévisager. Indécis, il écoutait les cris se rapprocher inlassablement. Le galop d’un cheval lancé à toute allure les devançait maintenant. Il allait arriver d’un instant à l’autre. Il vit la nymphe baisser la tête, ses épaules s’affaisser. Elle renonçait.
Il eut un coup au cœur. Louveteau, il avait vu sa mère dans la même situation, renonçant à se battre, se laissant massacrer par son clan. La colère monta en lui. Il avait prit sa décision. S’écartant légèrement de la jeune fille, il se mit en position d’attaque. Il attendait. Le cavalier apparu. Son cheval écumait.
- Molly ! hurla-t-il, je viens vous sauver, ne craigniez rien !
Lançant son cheval dans l’eau, il traversa rapidement de l’autre côté. Il s’arrêta face au loup. Il grognait, découvrant ses crocs immenses, les griffes prêtes à trancher la chaire de l’humain.
- Ecarte-toi d’elle vermine de loup !
Découvrant ses crocs, le loup resta en position, prêt à l’attaque. La nymphe releva son visage vers lui et il eut tout juste le temps d’entendre ses paroles avant que l’humain ne lance son cheval sur lui, l’épée à la main. Bondissant, il atterrit sur le cheval derrière le cavalier qu’il arracha de sa selle, l’envoyant rudement rouler à terre. Le cheval, apeuré, fit demi-tour et s’enfuit vers les cris au loin, tandis que le loup sautait à terre, déjà prêt à réattaquer. Se redressant avec peine, Royan n’avait pas lâché son épée. Il se mit en position. Molly regardait les deux combattants, choquée. Ils se tournaient maintenant autour, dans une danse macabre.
- Non Royan, ne lui faites pas de mal ! cria Molly, le visage couvert de larmes
Les deux combattants cessèrent tout mouvement. Le loup reculât lentement vers elle, Royan tiqua mais ne bougea pas. Le loup s’accroupis près d’elle, en alerte. Respirant profondément, elle chercha le courage qui lui manquait et planta ses yeux dans ceux de l’humain.
- Je me suis enfuie, j’ai des choses importantes à faire, des choses que vous vous êtes toujours acharné à ignorer, je n’ai pas voulu vous causer le moindre tort, mais je dois partir, il le faut !
Royan l’observa en silence, abasourdi. Le loup aida Molly à se relever.
- Adieu Royan, merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, je ne l’oublierai jamais
Molly et le Loup disparurent entre les arbres. Royan lâcha son épée qui roula à terre, effondré. Elle avait eut besoin de lui, mais il était trop aveuglé par ses propres sentiment pour avoir vu sa détresse. Ramassant son épée, il reparti lentement vers le camp et ses hommes. Non, lui non plus n’oublierai jamais celle qui avait tant fait battre son cœur.
Le loup amena la jeune fille prés de sa proie, ne sachant trop où aller. Maladroit, il ne savait que faire ni que dire. Molly, poussa un soupir de soulagement et s’effondra contre un arbre.
A l’aube, Lusia et son guerrier repartirent. Il contourna la ville, recherchant l’odeur de la tante de la jeune fille. Surprise, elle ne dit rien. Il savait ce qu’il faisait. Il retrouva bientôt cette odeur caractéristique et se rua dans cette direction. Lusia aperçu de petits oiseaux sur une branche, et leur lança un message mental. Les oiseaux s’envolèrent, les dépassants, filant comme le vent. Les ailes étaient toujours plus rapides que les jambes.

Anar avait cessé de manger et tournait en rond. Il sentait le regard de la nymphe sur lui. Ce regard si profond comme l’eau d’une rivière. Ce regard si triste. Ce regard à présent plein d’espoir. Elle espérait qu’il pourrait l’aider. Il ne voulait pas la perdre. Mais pas à cause de l’argent, l’argent ne comptait pas, il n’avait jamais compté pour lui, c’était seulement un moyen de pression sur ces humains pitoyables. Si elle retrouvait ses filles, elle le quitterait. Il ne le voulait pas. La solitude pesait depuis trop longtemps sur lui. Il n’avait jamais été très porté sur la camaraderie, il n’aimait pas être entouré. Il n’avait jamais vu que par les batailles, elles seules importaient alors. Depuis que le roi avait imposé la paix, son existence n’avait plus de but.
Perdu dans ses réflexions, il ne porta guère d’attention au groupe de moineaux qui se posa sur une branche. La nymphe se leva et lui tourna le dos, observant attentivement les oiseaux. L’un d’eux reparti en sens inverse sans même se poser. Il la vit alors poser une main sur son cœur et pousser un long soupir…de soulagement ?
Fronçant les sourcils, il se rapprocha d’elle et attendit en silence. Au bout d’un moment, il entendit le bruit d’une course effrénée.  Il posa la main sur le manche de sa hache, se plaçant devant la nymphe. Elle se décala légèrement sur le côté, et repris son observation attentive de la forêt.
Les bruits de course s’interrompirent. L’elfe entendit alors deux personnes marcher rapidement dans sa direction. Il serra sa hache un peu plus fort. Il vit alors apparaître une jeune fille aux cheveux roses pâles, accompagnée par un homme, un mercenaire.
- Lusia ! cria Erin
Anar attrapa de sa main libre le bras d’Erin, l’empêchant de se précipiter vers la jeune fille. Cette dernière se faisant retenir par le mercenaire.
- Lâche-moi ! C’est ma petite ! cria Erin, se débâtant vainement.
Lusia, sans un mot se tourna vers le guerrier, l’interrogeant du regard. Lui intimant l’ordre de ne pas bouger, celui-ci se plaça devant elle et avança vers Anar.
- C’est toi Anar ?
L’elfe ne dit rien, observant de ses yeux sombres ses moindres gestes, le jaugeant.
- Je vous en prie, c’est ma petite !
Erin se cramponnait à la chemise de l’elfe, paniquée, en larme. Implacable, Anar ne bougea pas. Lusia contourna le jeune guerrier et se plaça devant lui.
- Bonjour, je m’appelle Lusia
Sa vois était calme, même si l’on pouvait sentir son inquiétude. Anar senti Erin se crisper.
- S’il-vous-plait, relâchez ma mère
Erin sentait son cœur prêt à exploser. Lusia, qui n’était encore qu’un bébé, l’avait toujours appeler sa mère. Molly ne l’avait jamais fait, elle était trop grande, les souvenirs ne la quittaient jamais. Lusia s’approcha lentement, un pas après l’autre, concentrée sur le visage de l’elfe. Avisant ses oreilles, son visage marqua la surprise.
- Oh un elfe, comme père !
Surpris, Anar se concentra sur Lusia, la parcourant des pieds à la tête. Elle ressemblait à n’importe quelle nymphe. Mais la réaction de la jeune fille l’avait déstabilisé. Il la vit s’approcher, plus confiante. Erin tendit son bras libre vers elle, et la jeune fille s’y précipita, laissant couler des larmes de joie. Anar reporta son attention sur le jeune mercenaire. Aucun d’eux n’avait l’air de savoir comment réagir face à ces effusions de tendresse.




Chapitre 6 : Le loup garou, le demi-elfe et le démon

Molly regarda le loup s’accroupir près de sa proie. Son ventre grondait furieusement. La faim le tiraillait de nouveau.
- Tu peux manger tu sais, ne te prive pas à cause de moi
Il fixa son regard jaune d’or sur elle. Lui souriant gentiment, la jeune fille s’installa plus confortablement contre l’arbre. Le loup commença à manger, déchirant la chaire avec des crocs acérés. Molly ne put supporter bien longtemps et détourna bien vite le regard. Elle ferma les yeux, sombrant rapidement dans un sommeil sans rêves, épuisée aussi bien physiquement que mentalement.
Le loup ne s’en rendit compte qu’après avoir dévorer entièrement son cerf. Dégoulinant de sang, il allât se laver au ruisseau, avant de revenir auprès de Molly. Il l’observa jusqu’au soir. Elle ne se réveillait toujours pas. Il se pelotonna contre elle pour la protéger du froid que la nuit apportait. Cette situation lui rappela ses souvenirs d’enfances, lorsque le clan réunissait les louveteaux pour la nuit, et que ceux-ci s’endormaient les uns contre les autres, bien au chaud, en sécurité. La dernière fois qu’il avait dormit contre quelqu’un, c’était contre sa mère, leur dernière nuit ensemble avant sa mort, alors qu’il n’avait connu que cinq hivers. La nymphe était aussi douce que sa mère. Peut-être accepterai-t-elle de le garder près d’elle. Il était prêt à faire n’importe quoi pour cela, il avait tant besoin de compagnie. Malgré ces dix hivers passés dans la solitude la plus totale, il appréciait énormément cette présence chaude et réconfortante tout contre lui. Cette présence qui lui rappelait tant sa mère. Il en avait assez de lutter seul pour sa survie. Les loups étaient des animaux sociaux et en cet instant il le ressentait douloureusement au fond de lui. Fermant les yeux, il se promit de tout faire pour que la nymphe ait besoin de lui. Il avait besoin d’elle.
Le lendemain, Molly se réveilla avec un poids sur ses jambes et sa poitrine. Ouvrant les yeux, elle se rendit compte que le loup s’était allongé sur elle. Son pelage était doux, il avait du lui tenir bien chaud durant la nuit car le froid ne l’avait pas réveillée. Elle lui caressa délicatement la tête au niveau des oreilles. Il ouvrit un œil et bailla longuement. Cela la fit sourire.
- Bonjour ! merci de m’avoir aidée hier, et encore cette nuit, tu ma tenu bien chaud
Se relevant pour s’accroupir à côté d’elle, il hocha la tête en signe de remerciement.
- Je m’appelle Molly, et toi ?
- Cyran
- Enchantée de faire ta connaissance Cyran
Elle avait l’air vraiment heureux. Elle l’était grâce à lui. Il se senti tout bizarre.
- Pourquoi ?
Elle le regarda sans comprendre.
- Pourquoi m’avoir demandé d’épargner la vie de cet humain ? tu le fuyais non ?
- Il m’a toujours très bien traité, mais il a voulu me faire vivre comme une humaine, j’ai été séparée de ma famille lors d’une attaque il y a quelques jours seulement, et je dois els retrouver
Elle avait une famille, elle ne voudrait surement plus de lui lorsqu’elle les aurait retrouvés. Son air soudain malheureux n’échappa pas à Molly.
- Qu’y a-t-il ?
- T’as de la chance d’avoir une famille
Piteux, il baissa la tête, les oreilles tournées vers Molly. Il avait l’air si désemparé.
- Quel âge as-tu ?
- 15 hivers, répondit-il sans la regarder
- Ah comme ma sœur, je suis sure que vous vous entendrez très bien, assura-t-elle en souriant
Il releva la tête. Elle venait de l’inviter dans sa famille ! Il remua sa queue touffue, fou de joie.
Anar et le mercenaire se faisaient toujours face, mal à l’aise. Lusia s’écarta finalement d’Erin, hoquetant encore légèrement. Le mercenaire aurait préféré qu’elle s’écarte du demi-elfe mais elle ne semblait pas se rendre compte du danger.

La nuit était tombée depuis longtemps et les deux hommes continuaient à se faire face, prêts à toute éventualité. Dans les bras l’une de l’autre, Erin caressai doucement le dos de Lusia tendrement.
- J’ai eut tellement peur de ne plus jamais te revoir maman ! heureusement que…
Stoppant net, Lusia se tourna vers le mercenaire.
- Je ne connais même pas votre nom !
Elle était stupéfaite, tout était allé si vite qu’elle n’avait pas même eut le temps de faire connaissance avec son sauveur. Elle le regarda d’un air interrogateur.
- Evan, lâchât-il de mauvaise grâce, sans quitter Anar des yeux
- Merci, voici ma mère Erin
Evan fronça les sourcils, elle lui avait parlé de sa tante pas de sa mère. Mettant cette information de côté, il se concentra de nouveau sur Anar.
- Lusia, est-ce que tu sais dans quelle direction est allée Molly ?
- Je l’ai vue courir tout droit, vers la grande rivière
Erin écarta d’office l’idée que la jeune fille s’était faite attrapée par la bête ou qu’elle s’était noyée dans la rivière. Non elle était encore en vie. Les humains avaient du la trouvée. Elle se rendit soudain compte que son bras était libre. Elle se tourna vers Anar.
Tout allât très vite. La hache à la main, il se jeta sur Evan qui eut tout juste le temps de dégainer son épée et de parer le coup. Le bruit du métal contre le métal emplit le silence de la forêt. Les attaques du demi-elfe étaient rapides, Evan ne pouvait rien faire d’autre que de reculer sous les coups. Faisant un bond sur le côté, il abandonna son épée au sol. Elle le ralentissait beaucoup trop. Prenant de l’élan, Anar lança sa hache. Le mercenaire bloqua l’attaque, frappant son avant bras contre celui de son ennemi. De l’autre main, il lui assena un violent coup de poing dans la figure. Anar poussa de tout son poids Evan qui fut projeté en arrière. Se rattrapant de justesse, il se baissa pour éviter un autre coup. Sortant une dague de sa botte, il la dirigea vers la gorge d’Anar alors que celui-ci levai à nouveau son arme. Les deux hommes stoppèrent net, les yeux dans les yeux. Ils restèrent ainsi de longues secondes, Evan à moitié accroupis, Anar au dessus de lui. Finalement, ce dernier recula, abaissant lentement son arme. Evan se releva, le poignard à la main. Anar hocha la tête, le jeune homme avait fait ses preuves.
Anar ne rencontrait pas tous les jours de combattants de valeur, bien peu avait résisté aussi longtemps, alors même qu’il n’utilisait pas toute sa puissance. Mais il avait bien senti que le jeune homme n’avait pas non plus démontré toute l’étendu de son pouvoir. Il avait déjà vu ce regard gris glacé. Le regard du démon renégat. Pourtant le jeune homme avait un nom humain. Etrange.
Côte à côte, ils s’avancèrent vers les deux jeunes femmes, leurs armes encore à la main. Figées, les yeux écarquillés, elles n’avaient pas bougé, ni même émit le moindre son. Le combat n’avait duré que quelques secondes. Lusia se précipita finalement vers Evan, l’inspectant minutieusement. Elle recula lorsqu’elle se rendit compte qu’il n’avait pas la moindre blessure. Silencieuse, elle retourna auprès d’Erin. Celle-ci observait la joue d’Anar, sur laquelle commençait à s’épanouir un énorme bleu. Sans savoir pour quelle raison, elle en ressenti un pincement au cœur.
Ils s’assirent tous silencieusement autour du feu qui déclinait. Toute la nuit, Erin fit de son mieux pour convaincre les deux hommes de les aider à retrouver Molly, la tête de Lusia sur ses genoux, endormie. Evan n’avait pas été difficile à convaincre, Erin avait évidement remarqué sa façon de regarder Lusia. Anar, de son côté, n’avait pas prononcé le moindre mot et était resté de marbre. Elle ne savait pas quoi en penser. Mais il avait déjà pris sa décision.



Chapitre 7 : Les dragons

Molly et Cyran marchaient côte à côte depuis le matin. Ils avaient décidé de contourner Causdillac et d’éviter au maximum les humains. La jeune fille espérait qu’ils ne dévieraient pas trop de leur chemin, malgré son sens de l’orientation inexistant. Il la dépassait d’une bonne tête. Sa tête, ses bras et ses pattes arrière étaient celles d'un loup. Il avait une queue longue et touffue, tandis que son torse était humain…bien que très poilu également. Ses griffes étaient longues et acérées, tout comme ses longs crocs d’un blanc pur et aiguisés comme des poignards. Ses longues oreilles bougeaient en tout sens, épiant les bruits de la forêt. Ils ne parlaient pas, ils étaient en harmonie l’un et l’autre, le loup totalement à l’écoute du langage corporel de Molly. Arrivés près d’un buisson de baies, Molly s’assis un instant pour grignoter. Cyran la regardait, heureux comme jamais. Une goutte de pluie tomba sur le front de la jeune fille. Levant la tête, elle aperçu de gros nuages gris avancer à toute vitesse.
- Il y a une petite grotte pas loin, lança le loup, dépêchons-nous !
Se relevant, ils repartirent rapidement, Cyran en tête. Il s’efforçait de faire des petits pas, de façon à ce que Molly reste toujours près de lui. Ce n’était pas très facile mais il s’en accommoda jusqu’à la grotte. A peine entrés à l’intérieur, la foudre tomba sur un arbre tout près de l’entrée. Effrayée, Molly recula et tomba à la renverse, dévalant une pente raide, s’écorchant les coudes et les mains. Lorsque Cyran entendis la nymphe hurler, sons sang ne fit qu’un tour. Il se précipita et eut juste le temps de la voir se faire engloutir par les ténèbres. Il se précipita à son tour dans le passage rocheux. Sa taille ne lui permettait pas d’avancer rapidement mais il arriva bientôt devant un passage étroit. Molly était tombé de l’autre côté. Assise, elle nettoyait ses écorchures. Voulant la rejoindre, Cyran resta coincé au niveau des épaules. Indigné, il bougea dans tous les sens en vain. Il baissa les oreilles, malheureux, le regard posé sur Molly. La jeune fille ne voyait rien dans le noir, mais elle comprit qu’il y avait un problème. Se relevant, elle inspecta la roche autour de Cyran avec ses mains.
- Est-ce que tu peux reculer ?
Le loup se tortilla et fini par s’extirper de la roche, avant de s’y attaquer à coup de griffes. Molly recula prudemment. Cyran agrandit suffisamment le passage pour pouvoir la rejoindre.
- La pente est trop raide et lisse, tu n’arriveras pas à la remonter sans griffes, et tu ne vois rien alors ça ne va pas aider
- Je suis désolée !
- Prend ma main, je vais te guider, il y a un passage et je sens de l’air venir de très loin, il y a surement une sortie au bout du tunnel
Le couloir rocheux était suffisamment grand pour qu’ils marchent côte à côte mais ils avançaient lentement car Molly glissait régulièrement sur les pierres au sol. Perdant patience, Cyran prit délicatement la jeune fille dans ses bras avant de prendre une allure soutenue. Sereine, Molly appréciait cette fourrure si douce contre sa joue, bercée par la marche du loup.
Cyran s’arrêta devant un mur. Déposant la jeune fille un peu plus loin, il s’attaqua à la roche. Le mur était fin et il ne tarda pas à le transpercer. La lumière soudaine vient les éblouir un instant. L’orage avait cessé.
- Je ne sais pas à quel point on a dévié de notre route mais on l’a fait, se consterna Molly
- Tu ne peux pas savoir à quel point !
La jeune fille le regarda sans comprendre.
- On a trouvé la Vallée interdite, nous devrions rebrousser chemin, gronda le loup, inquiet
- Mais pourquoi ? s’étonna la nymphe
- On va se faire dépecer si on nous trouve
- Mais…par qui ?
- Les dragons !
Cyran regardait tout autour de lui, inquiet. Un ombre obscurcit soudain leur champ de vision, levant la tête à l’unisson, ils aperçurent une énorme tête avec deux yeux jaunes perçants et une rangée de dents impressionnante.

A l’aube, Anar se leva sans un mot et s’enfonça dans la forêt, laissant les deux nymphes endormies à la garde d’Evan qui, les coudes sur les genoux, regardait distraitement les braises du feu de camp mourir petit à petit. Anar avançait rapidement, nullement gêné par sa hache. Quelques temps après, Lusia se leva, réveillant Erin. Regardant autour d’elle, Erin eut un coup au cœur lorsqu’elle se rendit compte qu’Anar n’était plus là. Lusia allât chercher des baies pour elles, sous le regard protecteur d’Evan.
- Depuis combien de temps n’as-tu pas pu te baigner ? lui demanda Lusia
- Trop longtemps déjà, répondit Erin
Evan scruta les deux femmes qui parlaient de chercher un point d’eau lorsqu’Evan se redressa en les fixant intensément.
- Lusia, c’est ta mère ou ta tante ? demanda-t-il abruptement
Les deux femmes se regardèrent, surprise.
- Les deux, répondit la jeune fille, ma vraie mère, Lly, est morte lorsque je n’étais qu’un bébé, elle nous a confiés, moi et ma sœur, à tante Erin
- Je les considère toutes les deux comme mes filles, continua Erin en serrant Lusia contre elle, mais je ne veux pas non plus prendre la place de Lly, c’est pourquoi elles ont eut le choix, je n’obligerai jamais Molly à m’appeler mère
Evan les regarda intensément. Il comprenait ce qu’elles voulaient dire, il avait lui-même été adopté, les humains qui l’avaient élevé ne le lui avaient jamais caché ce fait. Pourtant il les considérait comme ses parents, sans jamais chercher à retrouver ses vrais géniteurs. Il n’en avait jamais ressenti le besoin. Il hocha la tête, leur signifiant qu’il acceptait leurs explications.
- Il y a une petite source pas loin de ce côté, je vais attendre ici, criez au moindre problème
Après l’avoir remercié, les deux femmes se dirigèrent vers la source. Erin plongea immédiatement, se sentant revivre. Les nymphes des eaux ne pouvaient survivre hors de l’eau qu’une semaine, parfois moins. Lusia se lava la figure, les bras et trempa ses pieds un moment dans l’eau claire et fraîche. Evan les entendait parler et rire en s’éclaboussant joyeusement. Le cœur serré, il songea  un instant à présenter Lusia à ses parents, avant de secouer la tête vigoureusement.
- Tu te fais des idées Evan, grommela-t-il
- Elle te rend fou au point de te pousser à parler tout seul ?
Evan s’étai relevé, la main sur la garde de son épée, tout en se retournant pour faire face, lorsqu’il se rendit compte que c’était Anar.
- Où sont-elles ? demanda-t-il
- A la source, elles se baignent
Hochant la tête, Anar s’assis près du feu totalement éteint, attachant une wyverne à un arbre près de lui. Harnaché comme s’il partait en guerre, il avait un arc en travers du torse, les flèches attachées dans son dos. Il avait harnaché l’animal d’une armure en cuire épais. Erin et Lusia revinrent de leur baignade. Elles s’arrêtèrent net, Erin le regard fixé sur Anar, surprise, et Lusia qui observait l’animal attaché.
- Une wyverne !
Le reptile la regarda s’approcher lentement. Les ailes repliées, elle s’était couchée sur le sol, ses pattes postérieures aux griffes acérées repliées sous elle. Elle n’avait pas de pattes antérieures mais sa mâchoire était puissante et suffisante comme arme. Elle balançait sa queue d’une côté à l’autre, ses yeux verts fixés sur la jeune fille. Erin se rassit près d’Evan, face à Anar tandis que Lusia caressait la tête de la bête qui se mit à ronronner.



Chapitre 8 : En danger

Le dragon, qui avait la couleur de la pierre, étendit son cou et poussa un cri puissant tout en déployant ses ailes, avant de lancer une patte épaisse comme un tronc d’arbre et aux griffes énormes vers Molly et Cyran. Le loup eut tout juste le temps de plaquer la jeune fille au sol. Le dragon sauta de son perchoir rocheux et atterrit face à eux, les yeux fixés sur le loup. Souple, celui-ci se releva d’un coup de hanche, jeta Molly sur son épaule et se mit à courir vers la forêt d’arbres.
- Qu’est-ce que tu fais ? cria la jeune fille affolée, il faut retourner dans la grotte !
- Non sinon il va nous griller avec son souffle, haleta Cyran
L’épaule du loup rentrait douloureusement dans le ventre de la nymphe. Relevant la tête, elle aperçu le dragon, dont les yeux étaient devenus rouges de colère, se ramasser sur lui-même.
- Il va sauter !!! hurla-t-elle
Aussitôt, Cyran changea de direction et partit sur le côté. Le dragon les rata de peu, faisant trembler le sol en atterrissant là où ils se trouvaient l’instant d’avant. Changeant de direction à nouveau de manière à éviter un cou de queue, Cyran se mit à courir sur trois pates, la dernière retenant Molly qui se retrouva à moitié allongée sur son dos. Paniquée, elle se cramponnait à sa fourrure mais il ne sentait rien, la peur annihilant toute sensation. Molly regardait le dragon qui s’était arrêté à l’orée de la forêt disparaître peu à peu, caché par les arbres. Apercevant une ombre planer sur eux, elle leva la tête. Elle crispa les mains de terreur.
- Il…il vole ! il est au-dessus de nous !
Le loup ne ralenti pas l’allure. Il débouchât bientôt dans une clairière immense où se tenaient des hommes et des dragons. Cyran se figea. Un rire rauque retentit, au-dessus d’eux, leur vrillant les tympans.
- Je vous amène les intrus, ricana le dragon qui se posât lourdement sur le côté
Cyran posât Molly à terre et se plaçât en position d’attaque, tandis que la jeune fille flageolait sur ses jambes, tenaillée par les haut-le-coeur. Décidément elle n’aimait pas voyager autrement que sur ses deux jambes. Elle s’appuya contre un arbre contre lequel elle se laissa glisser au sol, épuisée. Les hommes s’approchèrent. La nymphe remarquât leurs yeux à la pupille verticale et se rendit compte qu’ils étaient en faite tous des dragons, mais sous forme humaine. Cyran se ramassa sur lui-même, les oreilles baissées, prêt à attaquer celui qui se trouvait le plus prêt.
- Non arrête Cyran ! n’attaque pas ! s’écria Molly
Le loup s’immobilisa, tournant simplement ses oreilles vers elle.
- Tu n’y arriveras jamais, ce sont tous des dragons
Cyran recula, se plaçant juste devant elle, utilisant son corps comme bouclier. L’un des hommes s’approchât, les yeux posés sur Cyran.
- Comment avez-vous osé entrer sur nos terres ? comment avez-vous fait pour nous trouver ?
Cyran ne bougea pas, toujours ramassé sur lui-même, silencieux, les yeux braqués sur le dragon qui venait de parler, les oreilles rabattues en arrière. Molly se levât et se plaça juste derrière Cyran, posant une main rassurante dans son dos.
- Répond misérable loup !
- Il a brisé la roche du côté Est, répondit le dragon couleur pierre, ils ont trouvés un passage pour traverser la montagne de part en part
- Va obstruer ce passage ! lui ordonna l’homme aux yeux rouges, qu’on attache le loup, emmenez les dans la salle du Conseil, les trois sages statueront sur leur sort
Il se retourna tandis que d’autres hommes aux pupilles verticales sur précipitaient sur Cyran et Molly. L’un d’eux attrapa fermement Molly par le coude tandis que deux autres obligeaient Cyran à se redresser, avant de lui croiser les bras dans le dos pour les attacher. Traversant la clairière, Molly et Cyran furent conduits dans une caverne suffisamment profonde et immense, jusqu’à une salle où se tenaient trois dragons. Celui de droit était aveugle, tandis que les deux autres, de toute évidence plus jeunes, battirent furieusement à la vue des intrus. S’ils n’avaient pas été maintenus rudement, la nymphe et le loup se seraient surement envolés comme de la paille face à cette soudaine tempête de vent. Le dragon du milieu, de couleur rouge souffla de la fumée noire par ses narines, baissant la tête vers les deux intrus.
- Le châtiment, prononça-t-il d’une voix grave, pour avoir osé profaner le sanctuaire sacré des dragons est…la mort

Lusia admiraient le paysage sur le dos de la wyverne, Anar en tête, Evan surveillant leurs arrières. Il n’y avait qu’un pont sur la grande rivière, impétueuse et traitresse, pour accéder à Causdillac. Erin était persuadé que les humains retenaient Molly là bas. Peut-être même l’avaient-ils offerte en cadeau au seigneur du château. Cette idée ne quittait plus le cœur de la nymphe, l’empêchant d’apprécier le voyage, même confortablement installée derrière Lusia. Ils allaient vite, Str’am était loin derrière eux depuis longtemps déjà. L’orage les surprit alors qu’ils longeaient le bord de la rivière tumultueuse. Anar les conduisit dans une vieille cabane de chasseur abandonnée. Elle était suffisamment spacieuse pour qu’ils y entrent tous et puisse s’assoir, préférant le sol aux chaises branlantes qui finirent en tas dehors. Anar resta debout près de l’unique fenêtre, surveillant les alentours. La wyverne resta attachée dehors, appréciant cette pluie fraiche sur son corps écailleux.
Etouffant dans cet espace étroit, Erin sorti et s’installa contre la wyverne, le visage tourné vers le ciel, laissant les gouttes d’eau apaiser un temps ses tourments et la laver de sa peur. Perdue dans ses pensées, Lusia regardait le sol poussiéreux quand elle releva la tête. Se relevant brusquement, elle sorti en courant près d’Erin. Evan observa les deux nymphes en grande discussion debout sur le pas de la porte, Anar juste derrière lui. Ils les virent se relever. Lusia resta près de la wyverne tandis qu’Erin s’avançai sous la pluie qui devenait de plus en plus intense. Immobile comme une statue, Erin ferma les yeux. Elle fit le vide en elle, elle sentait les gouttes d’eau courir le long de son corps, dans ses cheveux, sur ses joues. Elle sentait l’eau dans le sol sous ses pieds, elle sentait l’eau dans l’air, les nuages. Peu à peu sa conscience s’étendit, ce que l’eau touchait elle le sentait, elle le voyait. Elle étendit son esprit vers Causdillac, elle senti la présence ténue de Molly mais elle n’y était plus. Elle suivit cette présence à la trace, de plus en plus vite, de plus en plus loin. Finalement elle la trouva. Molly courrait aux côtés d’un…loup-garou, vers une grotte. Erin rouvrit les yeux, haletante. Lusia se précipita pour la soutenir. Anar apparu et transporta Erin à l’intérieur de la cabane, la posant délicatement sur le sol contre un mur. Lusia s’agenouilla près d’elle, lui prenant la main pour la réconforter.
- Tu as vu quelque chose ? elle va bien ?
La voix de Lusia se brisa. Les yeux pleins d’espoir, elle attendit qu’Erin retrouve ses esprits. Anar et Evan, debout, attendaient debout à l’écart.
- Elle…elle va bien, elle n’est pas à Causdillac, répondit la nymphe d’une voix rauque
Reprenant son souffle, Erin eut un frisson d’horreur. De l’autre côté de la grotte, derrière barrière rocheuse, elle avait senti des dragons. La vallée interdite. Les eaux avaient creusé des tunnels naturels avec le temps. Si Molly traversait malencontreusement, elle était finie !
- On doit repartir, il faut la sauver ! lança Erin en essayant de se relever
- Mais tu as dit qu’elle n’était plus chez les humains…
- Elle est en danger !
La nymphe était affolée, Lusia la serra contre elle dans l’espoir de la calmée.
- Lusia ! tu ne comprends pas ! elle est trop près des dragons…
- Dragons ? la coupa Anar, elle a trouvé le sanctuaire des dragons ?
- Oui ! répondit Erin avant de s’affaisser contre la jeune fille, à bout de force
Lusia serra plus fort Erin, laissant ses larmes couler, des larmes pour sa mère et sa sœur.



à suivre...
Par Epsylon - Publié dans : Ecriture - Communauté : Lovely Dolls
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